Smegg has writtenSalut,Pour le modèle économique de l'OMR, c'est effectivement un casse-tête. Il n'y a pas de solutio...
Ce qui, à mon sens, reflète réellement la maturité d’un club et son véritable potentiel, ce ne sont pas tant les résultats sportifs, aussi encourageants soient-ils, mais sa rentabilité.
Prenons l’exemple de clubs comme Hyères ou Blagnac récemment, ou encore Suresnes qui, après avoir rapidement joué les premiers rôles en Nationale, lutte aujourd’hui pour le maintien avec un budget de 4,5 M€… et un déficit supérieur à 2 M€.
Si Suresnes devait fonctionner uniquement sur une base économique réelle — soit un budget net de 2,5 M€ (le budget annoncé, moins le déficit) — il ne pourrait tout simplement pas se maintenir. Et sans mécène, beaucoup de clubs ne pourraient tout bonnement plus exister.
Le mécénat, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui dans le rugby, s’apparente davantage à un financement associatif, proche du modèle amateur. Il est déconnecté de toute logique économique et constitue une perte sèche.
Un club professionnel, lui, doit fonctionner comme une entreprise de spectacle et d’image, capable d’attirer un public et des sponsors désireux d’associer leur nom au sien pour créer de la valeur — et donc générer du revenu.
Il faut bien distinguer le mécène de l’investisseur, ainsi que la manière dont l’argent est injecté ou utilisé.
Prenons Vannes : c’est un club historiquement rentable, ce qui le rend naturellement attractif pour des investisseurs. Ils ont ouvert leur capital à des acteurs locaux pour financer un centre d’entraînement — un investissement dans un actif qui renforce leur compétitivité. C’est un levier de croissance.
À l’inverse, des clubs comme le Stade Français, le MHR, le RCT ou le Racing injectent l’essentiel de leurs ressources dans la masse salariale et le recrutement de stars. C’est de la dépense, pas de l’investissement.
Le déclin du RCT s’explique notamment par un effectif composé de grands noms en fin de carrière, qu’il faut constamment remplacer. Cela nécessite des investissements massifs dans les joueurs, sans garantie de retrouver un "nouveau Wilkinson" sur le marché.
Ajoutons à cela la concurrence d'autres mécènes, l’essor du marché japonais, les contraintes liées aux JIFF, au salary cap… Résultat : l’effectif s’appauvrit.
Mourad Boudjellal a dû vendre le club, car il ne pouvait plus absorber les pertes.
Le Stade Français recherche un co-actionnaire pour combler ses déficits.
Mohed Altrad, quant à lui, projette la construction d’un stade pour générer des revenus complémentaires.
Ces clubs, en raison de leur inefficience budgétaire — induite par un mécénat mal structuré —, ne sont plus compétitifs pour recruter ou conserver leurs meilleurs éléments.
Exemple : le Racing a perdu Camille Chat, Le Garrec, Woki, mais aussi Machenaud, Gomes Sa ou encore Teddy Thomas ces dernières années.
Le MHR, de son côté, récupère des joueurs dont plus personne ne veut, parfois même impliqués dans des affaires judiciaires. Ce n’est bon ni pour l’image, ni pour les sponsors.
À l’inverse, La Rochelle, Toulouse et Bordeaux misent sur la formation, recrutent des jeunes à fort potentiel, les développent, et finissent par attirer les meilleurs. Certains joueurs acceptent même une baisse de salaire pour les rejoindre, car ces clubs offrent des garanties : titres, sélections internationales, revenus annexes via la notoriété.
Un investisseur, selon moi, n’est pas là pour combler indéfiniment un déficit structurel. Il y a forcément un moment où cela atteint ses limites.
Trouver quelqu’un prêt à injecter 1 à 2 M€ par an dans un club qui ne suscite pas un fort engouement localement, c’est illusoire.
Si Toulouse cherchait un mécène demain, aucun problème. Mais même pour des clubs historiques, c’est devenu très compliqué.
Prenons l’exemple de l’OMR : une levée de fonds a été réalisée il y a 2 ou 3 ans pour accélérer l’accession à la Nationale.
Sans cela, il aurait été très difficile d’y parvenir rapidement, surtout en misant uniquement sur la formation.
On a pu recruter, certes, mais l’argent n’a pas toujours été bien investi : beaucoup de joueurs ne sont restés qu’une ou deux saisons.
Trop de turnover, ce qui entraîne des efforts financiers répétés, comme dans les clubs cités plus haut.
Aujourd’hui, nous avons besoin de stabilité.
Les résultats restent importants pour entretenir une dynamique, mais ils doivent servir un projet structurel, qui lui, demande du temps :
Développer le réseau de partenaires : nous comptons un peu plus de 150 partenaires, quand un club comme Dax en affiche 450 pour un budget de 5,5 M€, avec en plus les droits télé et une augmentation de capital de 700 K€ cette année pour combler un déficit structurel.
Si l’objectif est la Pro D2 à court terme, il faut tripler le nombre de partenaires rapidement.
Mais la réalité, c’est que les clubs en Nationale et en Pro D2 sont souvent issus de petites villes ayant déjà atteint leur plein potentiel. Ce n’est pas notre cas : il y a une forte inertie, mais aussi une vraie marge de progression.
L’exemple de Vannes est parlant : +300 partenaires en 3 ans, quand il leur a fallu plusieurs décennies pour atteindre les 300 premiers.
Fédérer le public : le président annonce une moyenne de 3 000 spectateurs cette saison, contre 1 500 l’an passé.
Mais si l’on retire les deux opérations spéciales (qui ont attiré 10 000 spectateurs ), la moyenne sur les autres matchs tourne plutôt entre 1 700 et 1 800.
C’est une progression, certes, mais encore timide quand tu vois que les affluence en TOP 14 et prod 2 sont en forte augmentation.
https://www.lnr.fr/actualite/record-daffluence-historique-dans-les-stades-de-pro-d2-cette-saison-2025
Renforcer la formation
Capitaliser sur les compétences du staff : il faut faire émerger des coachs issus de l’équipe première — ce qui commence déjà à se faire — et les intégrer aussi aux équipes régionales.
Notre région est en retard par rapport au Sud-Ouest, et cela se ressent.
Aujourd’hui, on atteint mécaniquement un plafond. Monter devient de plus en plus difficile. Et non, on ne fera pas mieux chaque année.
Mais comme Toulouse (12e à une époque), La Rochelle, l’UBB ou Vannes, la croissance n’est pas toujours linéaire.
Ces clubs ont fait le choix du temps long.
Les stars du Stade Toulousain sont aujourd’hui les jeunes lancés à 19 ans.
Ugo Mola a été maintenu malgré les critiques : résultat, 5 Brennus et 2 Coupes d’Europe.
O’Gara a survécu à une série de 10 défaites.
Il faudra faire confiance au staff et rester solidaires.
Morgane Champagne fait un bon travail depuis plusieurs années. Penalva a apporté une vraie plus-value. Le nouvel entraîneur arrive d’un club qui jouait le haut de tableau. On peut être confiants.
Si demain, nous obtenons les mêmes résultats, mais avec davantage de joueurs formés au club, un public plus nombreux et plus de partenaires, ce sera déjà un immense pas en avant. Nous sommes clairement sur la bonne voie.
À l’inverse, un club comme Nice, qui a investi plus que beaucoup d’autres, n’a gagné que 7 matchs cette saison. Et même s’ils remontent, je doute qu’ils fassent beaucoup mieux.
Vannes, eux, reviendront plus forts. Parce que leur modèle est sain, structuré, et pensé pour durer.