Lettre à mon Sporting,
Nous sommes le dimanche 29 janvier en fin de journée, à la 78ème tout va (presque) pour le mieux : le SCT mène 15-08 face au leader Valence d'Agen, un résultat qui sent bon le maintient et puis… et puis Patatras. Le genre de malheur qui marque une vie, un de nos guerriers que nous chérissons reste à terre.
Le malheur est venu du terrain, la guérison et la rédemption viendront du terrain également. Une manière d'exorciser ses propres terreurs nocturnes. Je ne peux imaginer l'épreuve et la douleur éprouvée depuis ce jour, mais je m'obstine à croire que l'ange gardien qui veille sur Alexandre Cueille et qui a du voir défiler quelques drames depuis plus d'un siècle saura nous insuffler ce remède et cette fureur de vivre, de survivre, de surpasser cette montagne d'émotion.
Au rugby comme dans la vie le temps apparait comme ce souffle invisible qui viendra non pas effacer de nos mémoires cet évènement mais adoucir nos cœurs. Je ne pense pas qu'il faille cacher cette plaie ouverte, il faut au contraire la laisser à l'air libre, en parler, chacun réagira différemment selon son caractère, certains pleurent, d'autres sont mutiques, renfermés, dans le déni… il n'y a pas de bonnes ou mauvais attitudes, juste restons ensemble. Nous devons rester ensemble.
Résilience. Résilience… en voilà un joli mot de la langue française. Autour de nous il y a beaucoup de résilients silencieux comme celui qui a survécu à une grave maladie, le rescapé de guerre, le gamin orphelin, ce sont tous des combattants qui se tiennent debout quand d'autres auraient baissés les bras, c'est l'oiseau à l'aile amochée qui réapprend à voler… nous sommes tous pour la plupart des résilients d’une manière ou d'une autre, nous sommes capables de survivre, nous l'avons déjà prouvé !
Le supporter que je suis vous fait part de toute son admiration et pensera fort à vous dimanche.
Soyez forts, soyez fiers et que dieu vous bénisse.