J'aime bien le texte du Professeur Deray. Quoi de plus inquiétant que "l'inquiétance" disproportionnée avec en corrolaire son lot de comportement égocentrés qui contribuent à mettre au grand-jour la bétise crasse de certains de nos contemporains ?
Bien sûr que Coronavirus est inquétiant. Soit-dit en passant, les mots ont un sens, la terminaison en "virus" contribue à rendre la chose encore plus anxyogène. La tentative (avortée) de renommer la chose en Covid19 n'est pas le fait du hasard. C'eût été la Grippe du Sud-Est asiatique, à part bouder les restos Chinois, ça aurait certainement eu moins de conséquences sur les comportements sociaux.
Ceci dit, quoi de plus normal dans une société un tant soit peu organisée, que de promouvoir des gestes sanitaires simples, de bon sens pour éviter la propagation d'un virus fusse t-il Corona ou autre ? Si le présent virus pouvait contribuer à mettre du bon-sens sanitaire à tous les étages ce ne serait pas plus mal...Parce que faut pas croire, si notre système de soins (j'ai dit de soins, pas de Santé !) doit ètre considéré comme à la pointe, son personnel formé et hautement dévoué (à c'propos, passé l'effet d'annonce : "Les Infirmièr(e)s sont des gens bien !"; quand c'est qu'y en à un qui va y aller de sa rallonge budgétaire ?); il est de nombreux cas, de nombreuses situations où tant notre organisation que nos rites sociaux tiennent plus du peuple primaire qu'autre chose !
Exemple perso. Cet été, le fils de mon meilleur ami à contracté la Tuberculose sur un gros chantier (concentré de mondialisation et pas qu'du plombier polonais). Je passe sur le fait que le "médecin de famille" n'a pas su poser le bon diagnostic dans un délai raisonnable alors qu'il y avait concordance d'à peu prêt tous les symptomes jamais répertoriés. On va dire que ça arrive que "l'exotisme" de la chose ne tombe pas sous le sens du bon Docteur Maboule. Bref, les choses ont tardé (3 mois de vilaine tousserie qd-mm) puis, petite crise sanitaire de proximité à la rentrée. Les services Départementaux de Santé publique hyper-réactifs (le médecin dédié se déplace le jour-mm où le diagnostic est posé pour enquête épidémiologique.... à savoir lister les personnes entrées en contact étroit depuis la période d'incubation...personnes dont je fais partie). Je suis contacté le lendemain et les choses se mettent en branle (précisant que je suis "classé" parmi les personnes "à risque" ayant contarcté Paludisme en Afrique sub-saharienne à la fin des années 80 et étant diagnostiqué porteur latent, mm si jamais de crise sévère depuis). Etape 1 : Radio pulmonaire (si Bacille de Kock virulent, on le voit) mm si je n'ai pas de signe clinique (principe de prévention). C'est là où les choses se corsent ! Rdv pris, dans une clinique Lyonnaise moderne à souhait. Je me pointe au comptoir avé ma carte verte ( ils aiment bien les cartes bleues aussi !). Et là, on me dit : " Faut valider votre rdv sur l'écran borne tactile à l'entrée !". Je m'exécute, et là, je vois à peu prêt 16544 personnes qui comme moi viennent y foutre leur doigts sur l'écran... Un véritable bouillon de culture hospitalière en direct-live. Mais bon, c'est moderne, high-tech et puis par la mm occasion, je présume que ça permet d'économiser le salaire d'une réceptionniste... Je suis persuadé que si le bon Pr Pasteur voyait la chose il en serait estomaqué. A par ça tout va bien à propos des maladies nosocomiales !!!! Radio = Nada mais à la sortie, l'opératrice me tend un masque me disant : " Sait-on jamais !". Risible...Etape 2 : Test cutané chez le médecin traitant. C'est le diamètre qui indique si on est porteur latent ou pas mais avec une bonne dose d'aléatoire lié à la réaction. Verdict 16 mm. Le seuil où on applique le principe de précaution est à 15 mm (il y a qqs années, c'était 20mm). C'est à dire qu'il y a 10 ans avec ce mm résultat, je n'étais pas considéré comme porteur latent mais aujourd'hui oui. Le traitement = 4 mois d'antibiotiques à titre préventif. Je m'en ouvre à ma toubib : " N'existe t-il pas de test plus fiable vu qu'on est à la limite ?". Réponse : " Oui, prise de sang mais 130 € et pas remboursé par la Sécu !". Comme j'suis pas trop médocs et pas à 100 balles prêt, je m'exécute. Résultat = Rien, nada...Bilan de l'opération : J'ai été à l'hosto, croisé un million de bactéries (et aurait pu en fournir mon lot par la mm occasion), côuté 3 visites à la sécu chez mon médecin traitant, une injection idem, aurait pu prendre 4 mois de traitement antibios financés par la sécu pour rien et déboursé 130 balles pour savoir que je n'ai rien. Y'a pas comme un hic dans le système ?
Pour revenir à Coronavirus, si il a pour conséquence; d'éduquer les gens à des gestes simples du style se laver les pognes régulièrement, éviter de tousser allègrement à la gueule de son prochain, ne pas faire du serre-paluche ou du bisou-bisou (chez nous, c'est deux) à n'importe quelle occasion, respecter des principes minimaux de bienséance quand on se sait atteint d'un truc qui risque de pourrir la vie des autres; ce sera déjà pas si mal. Si notre système de Santé et veille Sanitaire remet comme priorité le préventif plutôt que le tout curatif au centre de ses préoccupations, ce sera une sacrée évolution...Si la leçon est retenue, tant par les individus que par le "système"; j'ai dans l'idée que le bilan à la fin de l'épidémie, pourrait même présenter un solde positif pour ce qui est de sauver la vie des plus faibles. Parce qu'il y en a aussi qui passent à trépas des suites d'une grippe lambda, d'une gastro entérite ou d'autre trucs qui circulent avec pour vecteur les hommes et plus encore, leur comportement....