Je ne partage pas l’opinion que « la valeur de nos joueurs ne pourra pas rivaliser avec aucune équipe du championnat », ni l’idée qu’« avec un budget équivalent de celui de l'an dernier c'était mission impossible et c'était prévisible. On le voit dès à présent. » Bizarre de la part d’un fervent supporter de passer si rapidement d’un pessimisme raisonné à tant de fatalisme.
La conscience de la hauteur de la montagne que les joueurs ont à gravir ne devrait pas conduire à penser que « les carottes sont déjà cuites » ni que « cela y ressemble beaucoup ». D’abords car il suffirait d’une victoire ce soir sur Vannes, assortie d’une défaite de Bourg à Oyo et d’Aurillac à Brive pour que nous ne soyons plus qu’à environ une victoire de la 11 ou 12ème place. Ce soir à 22H, on verra mieux les positionnements respectifs après 3 réceptions et 3 déplacements. Et pourquoi ne pas réaliser qu’avec une victoire en suivant chez nos concurrents de Bourg, beaucoup de pendules seraient alors remises à l’heure ?
Comment peut-on écrire qu’« on s'est maintenu l'an dernier suite à certains facteurs à notre avantage : buteurs extérieurs minables au Ladoumègue et très bonnes prestations de Thomas » ? Quelle vision réductrice ! Et pourquoi ne pas aussi affirmer que tout s’est uniquement joué grâce aux vols de perruches déconcentrant les buteurs adverses tant qu’on y est ?
Pour ce qui est des premiers résultats de la saison, on ne peut pas faire abstraction de la difficulté hors normes du premier bloc (4 équipes de haut de tableau dont 3 à l’extérieur). Et il n’était pas écrit qu’on subirait au début du second bloc une telle accumulation de blessures qui rend la tâche des joueurs et du staff encore plus délicate.
Enfin, écrire « nos ambitions sont en coupe réglée de par notre faible budget. La faute à notre équipe dirigeante qui n'arrive pas à trouver plus de généreux sponsors » fait peu de cas du contexte global de trésorerie des clubs. Quand je vois l’effondrement de bastions du rugby, les difficultés à équilibrer les budgets de certains autres, l’hécatombe parmi les clubs historiques de l’Île-de-France, j’ai plutôt envie de dire que contrairement à la plupart des autres, nos dirigeants réalisent l’exploit de nous permettre de croire en nos rêves, même s’ils sont difficilement atteignables. On n’a pas réussi à décrocher un gros pourvoyeur de fonds ? Les clubs qui y arrivent se comptent sur les doigts d’une main, surtout en IDF… et les candidats ne se bousculent pas au portillon (quoiqu’en disent parfois certains). Obtenir dans un contexte de subventions publiques au rabais et de suppression de la prime d’accession suffisamment de soutiens privés pour maintenir un budget de ce niveau est déjà une énorme réussite. Et personne ne songe à s’en tenir là…
« La descente en Fédérale 1 est dorénavant un facteur envisageable, reste à savoir si notre équipe dirigeante est sinon consciente de cet état de fait, ou pire résolument dubitative et résignée... ». Mais même avant le premier match, le risque d’une descente n’était pas à exclure et la gestion du RCME vise à pouvoir répondre au mieux aux lendemains sans optimisme béat. La résignation n’est nullement pour autant à l’ordre du jour.
Bon, je file de ce pas encourager nos joueurs qui ont besoin de l’aide de tous leurs supporters…